samedi 27 juin 2015

Calendrier Pompier 2015 : Juin

Bonjour,

Voici le beau mois de juin dans le calendrier pompier de la Patate.
Les vacances approchant, je voulais, par ce petit billet, rappeler à nos amis péco... provinciaux de faire bon accueil aux Parisiens qui iront tantôt dans leurs contrées reculées apporter leur fraîche naïveté concernant les choses de la campagne qui ne manquera pas de les égayer, eux qui ont si peu de possibilités de se distraire autrement qu'en accueillant des équipes de tournages de télé réalité pour parler de leurs passions concernant l'amélioration de leurs véhicules ou pour des chanteurs dont ils arborent fièrement l'image au milieu de loups et/ou de motocyclettes américaines sur des polos noirs. 
Accueillez les bien, et rappelez vous combien ils ont été bons avec vous depuis tant d'années.

Regardez donc, ce qui suit, avant de me demander de faire le cochon.

  • La une du Supplément illustré du Petit journal du 22 décembre 1907 :
Tenez mes braves et surtout ne le buvez pas.
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
  • L'explication page suivante de cette "délicieuse allégorie" :
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Automne 1907, l'Hérault et le Gard sont sinistrés par de très violents orages : maisons, usines, récoltes détruites, ponts et routes arrachés et l'on compte de très nombreuses victimes.

Quelques temps avant  Noël 1907, Paris, la bonne ville, récolte quelques sous lors d'une fête afin de les envoyer aux victimes de cette catastrophe. C'est bien, franchement, si si, c'est bien.
...
Mais du coup cette allégorie de Paris représentée comme une bonne bourgeoise du 18e siècle dans une chaise à porteurs distribuant quelques piécettes à des loqueteux en haillons a tout pour énerver un plou... un provincial. C'est qu'ils sont susceptibles ces cons, prompts à dénoncer le parisianisme et la morgue des Parisiens.
On se dit du coup que cette image aurait pu être une caricature de cette condescendance parisienne vis à vis des bous... des provinciaux. Comme ça, en gardant la même image, en changeant juste un peu le texte. Mais non. La caricature féroce est ici sérieuse allégorie représentant la grâce, l'élégance et l'art tous parisiens d'aider son prochain, même si celui-ci est un peu différent comme on dit pudiquement chez les péque... provinciaux.

Ah ça, quand le con est con, et qu'il fait plein d'effort pour être con, il est bien bien con,comme le dit Blouzouga Memphis.

Je vous remercie de votre attention.

jeudi 18 juin 2015

MacâÂâbrerie #8 : La Semaine illustrée, 26/06/1898 ; Le Petit journal, supplément illustré, 10/05/1908 ; Le Petit journal illustré, 02/11/1930

Bonjour,

En partenariat avec Romaine Lubrique, j'aimerais vous présenter un petit extrait de la conférence que j'ai donnée, en janvier, dans le cadre du Festival du domaine public.




Exégèse d'une chanson, par B. Memphis 
(chercheur en bêtise sur Gallica)
[Extrait]


 
  • Ouoho-ho-ho #1 dans la Semaine illustrée du 26 juin 1898 :
Que nous dit Claude François dans cette chanson ?
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France



  • Ouoho-ho-ho #2 dans le Supplément illustré du Petit journal du 10 mai 1908 :
Des paroles iconoclastes et farfelues ? Que non point, Claude François connait ses classiques.
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France



  • Ouoho-ho-ho #3 dans le Petit journal illustré du 2 novembre 1930 :
Bien sûr Claude François parle de sa famille. De LA famille en général et des petites tensions que l'on peut avoir au sein de celle-ci...
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Je vous remercie de votre attention.

vendredi 29 mai 2015

Calendrier pompier 2015. Avril & Mai.

Bonjour,

Aviez-vous constaté que j'avais délibérément laissé passer le mois d'avril sur la calendrier pompier de la Patate ?
Oui ?
Oui.
Parce que je l'ai fait exprès, en fait, même que si.
C'était parce que je voulais regrouper avril et mai pour une MAXI note pompière avec la papesse du pompier, l'étoile du PwoiPwoinPwoinPwoin-Nationalisto-Con, ni plus ni moins que je vous le donne dans le mille :
Jeanne "fuck yeah" D'Arc !!

[En aparté] Ah les cons il ne se doutent pas que j'ai tout simplement oublié de faire le mois d'avril, ils n'y ont vu que du feu... Oh mais c'est drôle ça pour une note sur Jeanne D'Arc, "ils n'y ont vu que du feu" oh je vais leur dire [Fin de l'aparté]
Eh les zamis je viens d'en trouver une bien bonne, je me disais "Ah les cons ils n'y ont vu que du feu", et c'est ri go lo par... Oui bon hum hum.

Avant toutes choses, je dois vous avouer que j'ai quand même une tendresse particulière pour Jeanne depuis que j'ai lu, dans mon adolescence, ce monument de la bédé qu'est le Jehanne au pied du mur de F'murr. Si vous ne connaissez pas courrez dans votre bibliothèque la plus proche pour l'emprunter. Allez-y, faites le. Non mais ça va, l'article sera toujours là à votre retour, hein. D'une façon générale lisez F'murr vous en sortirez toujours meilleur qu'avant, surtout vous qu'êtes mauvais comme des teignes.

Bon ben Jeanne d'Arc on ne la présente plus, aussi foin de circonvolutions et allons droit au but.


Partie 1 : Acouphènes en Lorraine

  • Une image pas pompier pour commencer, mais il faut savoir commencer sobre, extraite du n° du 4 février 1894 du Nouvelliste des Vosges illustré :
Jeanne D'Arc enfant et la traditionnelle récolte des plantes hallucinogènes en Lorraine
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France 
 



Tiens c'est marrant, Jeanne D'Arc on imagine plutôt Mireille Mathieu et puis finalement c'est Vanessa Paradis.



  • Une image de Jeanne écoutant les voix, encore dans le Nouvelliste des Vosges illustré, en une du n° du 5 février 1893 :
Jeanne d'Arc qui a, donc, l'air bien, normale, équilibrée et tout, hein.
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France



Une bien belle image qui me donne envie de hurler SCHIZOPHRÉNIE ! Avant de partir en courant, plutôt que de lui filer un coup de main à Brouter ses ongles laids à Fort de France.




  • Jeanne d'Arc écoutant toujours des voix dedans sa tête sur cette image du n° du 18 juin 1880 du Voleur illustré :
Et puis ça lui file une de ces pêches ces voix dans sa tête, là Wouhouu
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France 
Le document dans Gallica


Cette image-ci me donne, plutôt envie de lui filer un anti dépresseur.


  • Enfonçons maintenant la porte du pompier à grands coups de hache avec à nouveau une image de Jeanne écoutant ses voix, toujours dans le Nouvelliste des Vosges illustré  en double page intérieures du n° du 9 septembre 1894 :
Le pompier, par définition, sied très bien à Jeanne d'Arc
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France 


Jeanne c'est celle en bas. On ne la voit pas très bien elle a la figure dans le creux de la page. Figurez-vous qu'au début je croyais qu'elle était en armure, mais non, ça c'est l'archange Saint-Michel, reconnaissable a son petit dragounet à ses pieds.

Si vous voulez voir ce "groupe monumental" en photo, je vous encourage à queliqueliquer sur le lien ci-après, MAIS ATTATION IL SE POURRAIT QUE ÇA VOUS NIQUE LA RÉTINE, TELLEMENT ÇA BRILLE

Par rapport aux images précédentes, Jeanne a l'air quand même moins hallucinée ou dépressive, c'est juste qu'elle joue pas très très bien... 
  • À ce propos je ne résiste pas à vous montrer également des images de Sarah Bernhardt dans le rôle de Jeanne d'Arc en 1890 :
Allo ouiiii, Saint Michel vous dites ? Si c'est encore pour du démarchage, je vous préviens je vais raccrocher.
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Reprenons maintenant le cours normal de cette note avec notre deuxième partie.



Partie 2 : Les yeux dans les cieux


Jeanne d'Arc, outre ses légers troubles auditifs a également un autre soucis assez problématique pour quelqu'un qui va toujours de l'avant sans trop se poser de question : Elle ne sait pas regarder en bas, ni devant, ni derrière, ni sur les côté. Non, Jeanne, elle regarde TOUJOURS vers le haut, à croire qu'elle cherche du réseau avec l'au delà.


  • Image extraite d'un recueil de portrait de Jeanne d'Arc (iconographie des XIXe et XXe siècles) :
Bon c'est pas le tout Robert tu me remets un p'tit café vite fait, c'est qu'j'ai des Anglais à bouter moi
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
Le document dans Galica




  • Du même recueil que l'image précédente :
"C'est bon Scottie, j'ai mon scaphandre vous pouvez lancer la téléportation"
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France 




  • "Jeanne d'Arc au sacre du roi [Charle VII]", reproduction d'une peinture du Panthéon, dans la revue Le Mois littéraire et pittoresque :
Mais à la fin, c'est assez malpoli de toujours regarder en l'air comme ça, elle s'emmerde ou quoi ? C'est pas rien le sacre du roi, quand même ?
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Dans l'absolu, c'est pas trop embêtant de regarder en l'air. Le problème c'est quand on avance. Et pour avancer, Jeanne, elle avance.


  • Une du Petit journal illustré du 10 mars 1929 :
Ah ça, rien de tel qu'une petite balade pour se remonter le morale, hein Jeanne ? Wouhou !
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Elle galope souvent aussi, Jeanne.

  • La une du Monde illustré du 18 juillet 1896 :
Heureusement qu'elle le fait pas à vélo son boutage, là sinon elle serait dans le fossé tous les 5 mètres.
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
Le document dans Gallica


Et puis elle attaque et fait des cabrioles avec son cheval en hurlant que : je sais pas vous mais elle, elle aimerait bien besogner.

  • La une du numéro du 29 mai 1930 de l'hebdomadaire À la page, :
Dame Jeanne à un message pour toi, le jeune : VA FAIRE TES DEVOIRS.
Et ton anglais, tu l'as bouté ton anglais ?

Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France



Je concluerai cette note des mois d'avril et mai du calendrier pompier par un gif animé, car, je ne sais pas si vous le saviez, mais  j'aime les gif animés, et surtout parce qu je ne sais pas trop comment conclure.

  • Alors voilà il s'agit à nouveau de Sarah Bernhardt dans le rôle de Jeanne d'Arc, dans une version "sailormoonisée", disons : 


Je vous remercie de votre attention.

mardi 14 avril 2015

MacaÂabrerie #7 : Le Petit journal illustré, 10/10/1926

Bonjour,

Explorons à nouveau, aujourd'hui, voulez-vous bien, la beauté cachée des couvertures macabres des journaux illustré de la fin du 19e et du début du 20e siècle.

Il s'agit, à nouveau, d'une MacaÂabrerie en partenariat avec le Festival du domaine public, puisque, je vous le rappelle, je suis un gros feignant et que la note est quasiment tout faite, y'a plus qu'à la cueillir. Ce que je fais donc maintenant.


  • Le Petit journal illustré met en avant la tradition du bon accueil dans les chaleureux foyers de nos belles campagnes, avec cette illustration en une du n° du 10 octobre 1926 :
« Madame, Monsieur, tout d'abord merci de m'avoir laissé entrer. Laissez moi maintenant vous parler du message de Jés... »
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France 

Aaaah les braves gens ! L'on fait bien de tant louer la bonté de nos paysans.


Je vous remercie de votre attention.

lundi 30 mars 2015

Calendrier pompier 2015. Mars : Le Petit journal, supplément illustré, 03/10/1909

Je crois bien que je vais faire toutes mes notes du calendrier Pompier à l'arrache, en fin de mois.
Ouiiiiii, c'est vrai, pardon : bonjouuuur ! Fioulala c'est que je blogue tellement peu ces temps-ci que j'ai perdu l'habitude.
On fait quoi déjà après s'être plaint de ne pas avoir le temps et de faire ses notes à l'arrache ?

L'image d'aujourd'hui va être en forte résonance avec celle du mois dernier puisqu'elle est extraite de la même revue à la même époque. Je gagerais même presque qu'il s'agit du même illustrateur.


  • Marianne n'est pas l'amie de tous les animaux en une du n° du 3 octobre 1909 du Supplément illustré du Petit journal :
"Ne met pas tes sales pattes de serpent sur ce drapeaux, toi"
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France 


Que se passe-t-il ici ? On dirait que La France (Marianne) veut défendre le drapeau (la patrie) contre un ennemi intérieur : l'antipatriotisme représenté ici par Hervé le serpent , si si il s'appelle Hervé. Bon Hervéisme, si vous voulez .
  • Regardez si vous ne me croyez pas :
ksks bonzzzzour les petits zzzzamis ksks
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France 

Pourquoi Hervéisme et pas Jean-Yvisme ? Eh bien parce que mine de rien Le Hervéisme ça existe. Cela vient de Gustave Hervé socialiste et antimilitariste convaincu qui avant la première guerre mondiale prônait l'insurrection par l'action directe et les sabotages en cas de guerre. Notons au passage que le gars a fini nationaliste forcené pendant la guerre puis fasciste convaincu, dénonçant toutefois vivement l'antisémitisme d'Hitler, reconnaissons lui ça tout de même. Un personnage étonnant.
Mais en fait là, en l’occurrence, il s'agit d'une réaction particulière face à un acte ignooôÔôooble :
  • Le début de l'article explicatif (même titre, même date, page suivante) :
Un étranger encore on pourrait comprendre, mais deux FRANÇAIS !!!!!!!!!
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France 

Les faits : un type a volé le drapeau d'un régiment dans une caserne et l'a jeté dans les pissotières. Gustave Hervé et Georges Yvetot (un typographe syndicaliste antimilitariste et anarchiste) réagissent et ça ne plaît pas beaucoup beaucoup au Petit journal.
  • Voir également la fin de l'article :
♫C'est vrai qu'ils sont plaisant tous ces petits villa-a-age♪
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France 


Nous avons là un de ces petits monuments du flonflon-moi-la-Frrrrance-Môssieur qui me ravissent particulièrement. Mais ce n'est pas ce texte que je voulais mettre en avant pour le calendrier, c'est l'illustration en une.

Que nous montre cette image ?
- Marianne , car c'est bien elle, avec sa cuirasse dorée, sa cape et ses bracelets de force en cuivre et puis l'épée à la main. Elle porte un très beau drapeau français, la hampe sur l'épaule. Et tout en haut de la hampe un joli nœud tricolore du plus bel effet.
- Elle a les sourcils froncés et l'air bien écœurée, Marianne. J'aimerais pas beaucoup qu'on me regarde comme ça. Et qu'est-ce qu'elle regarde, Marianne : un tout pitipiti serpentounet tout mimi qui s'appelle Hervé.
- La légende de cette illustration :
« La France protège le drapeau national contre l'antipatriotisme »
Je vois bien les références, ça va hein j'en ai quand même un peu de la culture : Saint-Michel terrassant le dragon et puis le serpent du jardin d'Éden, pernicieux qui vous entrainerait volontiers vers le mâÂâl, cette saleté.
Mais j'imagine bien également les réticences du Petit journal à donner à cet ennemi trop d'importance : Il ne faudrait pas qu'on pense que la France est faible et vérolée de l'intérieur, non plus.
Aussi est-on arrivé à ce compromis : c'est donc un tout pitipiti serpentounet tout mimi (et qui s'appelle Hervé) que Marianne doit affronter l'épée à la main en haut de ce roc.
Mettons que ce soit une vipère. Parce que bouh, ça fait bien peur ça les vipères. Je ne sais pas ce que vous on appris vos parents pendant les ballades à la campagne, mais moi on m'a toujours dit de me méfier des vipères. Mais on m'a aussi appris un truc pratique avec les vipères, c'est que si on tape du pied en marchant elles vont sa barrer et tu ne leur marcheras pas dessus.
Et puis bon qu'est-ce qu'elle va lui faire au drapeau la vipère ? Mordre la hampe ? Faire pipi dessus ? Quitte à trouver un animal qui pourrait bien bien souiller le drapeau, je ne sais pas on pourrait mettre une moufette, non ?
Oui.

Je vous remercie de votre attention et au pire on se revoit fin avril pour un prochaine note sur le calendrier Pompier et au mieux pour un note "normale" et encore mieux, si je vous manque vrrrrraiment, j'alimente régulièrement en courtes bêtises le Carnet de recherche à Blouzouga. Je vous invite donc également à le consulter j'y suis irrésistible, paraît-il.

vendredi 27 février 2015

Calendrier pompier 2015. Février : Petit journal, supplément illustré 10/11/1907

Bonjour,
Je profite que l'on soit encore en février pour vous refourguer vite fait mon image du calendrier pompier pour février, justement... Dites moi, "refourguer vite fait", je l'ai vraiment écrit, ou bien ?... Ah oui, tiens. Bon.


  • La France entière n'est pas très très contente dans le n° du 10 novembre 1907 du Supplément illustré du Petit journal :
Comme quoi non, les gens n'ont jamais aimé les assiettes et plats décorés.
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France 


Et pourquoi elle est pas contente la France entière en 1907 ? Parce qu'on l'a trahie, avec revente de secrets militaires et tout le toutim... Ça ne vous rappelle rien à vous ? Oui, ben ça le rappelle aussi à d'autres qui mettent assez facilement en avant que l'un, Ullmo, est juif et l'autre, Berton, est franc-maçon anticlérical.

Pour faire vite, commençons par l'affaire Ullmo... C'est plus facile, il a sa page wikipédia à lui :
En 1907, Charles Benjamin Ullmo est jeune officier de marine opiomane qui, en plus de son hobby couteux, doit entretenir une maîtresse. Il a quelques soucis d'argent. Il décide donc, cette année là, de chouraver deux ou trois documents (en fait il en fait des photos) pour les revendre à l'ennemi... Oooh trois fois rien :  
"les codes confidentiels des signaux de la Marine, l'état de la flotte en Méditerranée et de la défense de Toulon" [là, j'ai cité Wikipédia]
De manière assez cocasse, il essaya de vendre les documents aux Allemands, mais comme la transaction avait échoué, il fit du chantage auprès du ministère de la Marine, en lui réclamant de la thune. On lui tendit alors un piège... 
"Ah ça mais, bien sûr apportez nous donc ces document mon bon monsieur" [là je ne cite personne, je brode].
Il se fit donc gauler et fut condamné à l'exil à vie en Guyane, en passant par la case bagne.

Pour Berton, c'est un peu plus compliqué, parce que je n'ai pas de page wikipédia, mais en gros et en reprenant les informations d'un article du Cri de Paris en août 1918, revenant 10 ans plus tard sur cette affaire
Louis Berton, 37 ans en 1907, travaillant dans le commerce de laines, d'objets d'art et d'antiquités, mais également officier de réserve, se rendit dans un hôtel strasbourgeois (déjà c'est louche). Là, un type qui logeait dans la chambre mitoyenne de celle de Berton, entendit celui-ci converser avec un autre type à l'accent germanique (en même temps à Strasbourg, bon) de choses et autres, et notamment, je cite le Cri de Paris
"de l'obus Robin, de plans divers et de cours de l'école de guerre"
Le voisin de chambre dénonça donc Berton. Ce dernier et sa femme furent placés sous surveillance par la Sûreté, leur correspondance fut saisie, puis il furent arrêtés et jugés.
La femme de Berton fut relaxée, mais Berton fut reconnu coupable avec toutefois des circonstances atténuantes, et condamné, au choix, à la déportation simple ou à une détention de 5 à 25 ans. Berton choisit donc l'exil et fut envoyé sur l'île de Pins en Nouvelle Calédonie, sa femme l'y rejoignit plus tard. Le procès ayant eu lieu à Huis-clos les articles des journaux sont plutôt chiches de renseignements, donc je ne peux pas vous en dire beaucoup plus à moins de faire un VRAI travail de recherche... Je ne le ferai pas, parce que moi ce qui m'intéresse c'est l'image à la con au-dessus.
Un des chiches articles sur le jugement de l'affaire Berton dans le Temps, du 31/07/1908 (dans la rubrique "Tribunaux")


Revenons à la belle image du Petit journal illustré daté du 10/11/1907

Les plus de cette image :

1) On a un belle foule en colère, avec toutes les représentations sociales qu'on représente à l'époque... Pas beaucoup de femmes, donc, à part Marianne et la mère avec son bébé dans les bras. Mais de l'Armée à la Justice en passant par les ouvriers et les agriculteurs on a ce que l'on fait de mieux en matière de foule française en colère en 1907.
 

2) On a Marianne en cuirasse dorée (non pas bleue, nooooon) et bonnet phrygien portant vaillamment le drapeau tricolore qui flotte, mais pas trop haut pour qu'il soit bien dans l'image.

Les moins :

1) Qu'est-ce qu'ils vont faire ? là ? Clairement ? tous ? Leur donner des coups de poings, leur marcher dessus, leur jeter leurs enfants.... MAIS CE SONT DES PORTRAITS BORDEL ! c'est même pas les vrais gars. Alors ça va, calmez vous déjà

2) On a un problème d'échelle entre Marianne et le bon populo autour.
Je m'explique :
Soit Marianne est au milieu de la foule, alors tu la représentes à la même échelle que tout le monde. C'est la Liberté guidant le peuple, ça humanise et fragilise l'idée portée par le symbole, mais en même temps ça lui donne corps, on peut s'identifier. C'est cool.
Soit Marianne est au dessus de tout ça, cette idée là messieurs dames est plus forte que vous ou moi, c'est la Nation, une forme de déesse au dessus de la mêlée. La Marianne de la place de la République, vous voyez ?
Et là on a quoi : une Marianne le cul entre deux chaise qui  fait bien son 3m 50 de haut et du coup on a l'impression de Gandalf au milieu des Hobbits. C'est un peu con.

3) Un gros problème de regard dans cette image :
Marianne montre bien de la main les deux portraits à la foule belliqueuse mais elle ne les regarde pas... Non elle regarde au loin. Notez qu'elle a quand même l'oeil gauche qui regarderait biengnnnn... Mais non ! Et du coup on a l'impression qu'elle louche.
  • Ça fait un peu concon avouez :
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France 


- Regardez les traiiiiitres, là ! *geste ample du bras et de la main*
- Heu où ça ?
- Làààà ! *re-geste*
- Gandal... heu Marianne, c'est la route que tu nous montres, là, y'a que des cailloux.
- Ah oui mais moi j'ai pas le droit de regarder à terre. Moi on m'a dit "tu regardes la ligne bleue des Vosges". Alors va falloir vous en contenter les gars ?
- Bon OK on va se débrouiller. *se retourne vers l'arrière* les gars ramenez les gros œufs peints on va les mettre ici.

Je vous remercie de votre attention.

mardi 10 février 2015

MacaÂabrerie #6 : Petit journal, supplément illustré, 09/10/1898, 23/09/1900 et 11/07/1909

Bonjour,

On continue les notes faciles à faire, grâce au Festival du domaine public, qui va finir par m'intenter un procès quand ils en auront marre d'être associés à tant d'horreurs.

La MacaÂabrerie d'aujourd'hui prend fait et cause pour nos amis chasseurs qui aimeraient beaucoup que l'on réhabilite leur si belle et saine activité cynégétique. Voilà qui sera donc fait avec ces trois belles images de chasse.

  • Dans son n° du 9 octobre 1898, le Supplément illustré du Petit journal, met en avant une chasse méconnue mais pourtant passionnante :
On ne rentre JAMAIS bredouille de la chasse aux enfants
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France 


  • Le n° du 23 septembre 1900 du même Supplément illustré du Petit journal, nous montre que, bien évidemment, cette activité reste dangereuse, mais les accidents sont heureusement fort rares :
Terrible accident de chasse, en effet : un petit oiseau est tué lors d'une battue à l'enfant
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France 


  • Une activité qui est sans doute appelée à se démocratiser, comme nous le montre cette illustration dans le n° du 11 juillet 1909 du Supplément illustré du Petit journal :
Ce citadin estime également avoir le droit de s'adonner à son sport préféré
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France 

Voilà sans doute pourquoi l'on dit qu'il ne faut pas laisser les enfants jouer avec des armes à feu, ils pourraient avoir envie de se venger, ces petits salopiauds.

Je vous remercie de votre attention et j'espère vous revoir bientôt pour une nouvelle note.